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Montage : rendre accessible les espaces de stockage
Pour être utilisée (en lecture et écriture), un espace de stockage (partition d'un support : SSD, disque dur, clé USB, cartes SD, Blu-ray, partage réseau, cloud, etc.) doit être accessible au système d'exploitation, c'est-à-dire avoir un chemin d'accès dans l'arborescence du système.
La partition doit également être formatée avec un système de fichiers (ext4, Btrfs, UDF, exFAT, etc.). Une partition non formatée n'est pas montable.
L'action qui consiste à rendre un espace de stockage accessible s'appelle le montage. Elle peut être réalisée avec un gestionnaire de fichiers (GNOME Fichiers sur Ubuntu) ou avec la commande mount. Le système utilise un répertoire déjà existant qu'il utilise comme point de montage.
Le point de montage étant un répertoire, il dispose (avant le montage) d'un chemin d'accès dans l'arborescence du système (par exemple /media/alice). Une fois le montage effectué, ce chemin d'accès devient celui de l'espace de stockage.
Le contenu du répertoire point de montage (si celui-ci n'est pas vide) devient inaccessible (masqué) pendant la durée du montage, mais sans être altéré (il redeviendra accessible à la fin du montage). Pour éviter les problèmes d'accès au contenu du répertoire, il est fortement conseillé d'utiliser des répertoires vides comme point de montage.
Ainsi le répertoire /media/alice, ou /home/alice/montage, si on y monte une partition (par exemple sda2) devient le chemin temporaire (pendant la durée du montage) vers cette partition sda2.
L'opération inverse, le démontage, libère le point de montage, ce qui rend inaccessible l'espace de stockage / partition et rend de nouveau accessible le contenu du répertoire que le montage avait masqué. Cette opération est effectuée par la commande umount.
Un espace de stockage (ou volume, ou partition) non monté est visible par Ubuntu (depuis le gestionnaire de fichier par exemple), mais Ubuntu ne peut pas directement accéder à son contenu (c'est à dire ni lire ni écrire dessus).
La plupart des espaces de stockage sont montés automatiquement au démarrage ou au branchement (c'est par exemple le cas des clés USB), mais ce n'est pas toujours le cas.
Le présent document a pour but de vous informer des bases (il existe de nombreuses méthodes non abordées ici) concernant le montage / démontage des espaces de stockage (ou volumes, ou partition).
Peu importe le système que vous utilisez, vous devriez toujours démonter vos périphériques avant de les retirer / débrancher. Ceci évite de corrompre vos données et protège votre matériel.
Résumé des solutions
- Montage manuel
- Via une interface graphique :
- Montage statique au démarrage via le fichier
/etc/fstab - Montage automatique avec AutoFS
- Montage automatique avec systemd automount (avec un service ou via
/etc/fstab)
Connaître vos partitions
Pour monter le système de fichier d'une partition en ligne de commande, il faut connaître l'identifiant de la partition, au format /dev/sda2 (ce n'est pas nécessaire pour un montage graphique), où :
/dev/désigne un périphérique (device),sddésigne un périphérique de type de format ou de connexion du support de stockage,aest l'ordre de démarrage du disque dans le BIOS (aest le 1er disque lancé,ble second, etc.).2est le numéro de la partition sur le disque : ici la seconde.
Donc /dev/sda2 = la seconde partition du 1er disque dur.
Graphiquement, on peut obtenir cette information via des logiciels comme GParted ou GNOME Disques.
Ci-dessous, la zone encadrée de rouge dans GNOME Disques donne les informations concernant la partition GS sélectionnée (reconnaissable à sa couleur bleue). La ligne surlignée en jaune est la zone importante pour le montage (/dev/sda2).
Au terminal, on peut aussi entrer la commande :
sudo blkid
qui donnera (ici sur Ubuntu 19.04) quelque chose comme cela :
/dev/loop0: TYPE="squashfs" /dev/loop1: TYPE="squashfs" /dev/loop2: TYPE="squashfs" /dev/loop3: TYPE="squashfs" /dev/loop4: TYPE="squashfs" /dev/loop5: TYPE="squashfs" /dev/sda1: LABEL="principal" UUID="5e56449c-22d7-4819-86d6-78c8078a3580" TYPE="ext4" PARTUUID="6d0959ec-01" /dev/sda2: LABEL="GS" UUID="7a121975-abae-4ae4-a001-30181d207834" TYPE="ext4" PARTUUID="6d0959ec-02" /dev/sdb1: LABEL="Bazar" UUID="d9c75347-4640-4d6b-9ff6-312dfa4c4719" TYPE="ext4" PARTUUID="0001c505-01" /dev/sdb2: LABEL="data" UUID="bdd52f68-10f8-4d3d-8175-aad1fc6cf82b" TYPE="ext4" PTTYPE="dos" PARTUUID="0001c505-02" /dev/sdb3: UUID="e343d413-46e1-4c44-824a-558b39c3e65f" TYPE="ext4" PARTUUID="0001c505-03" /dev/sdc1: LABEL="Sauvegardes" UUID="abbd0971-7729-4469-ba03-1558429aa04d" TYPE="ext4" PARTUUID="0003c319-01"
Si vous en avez, ne tenez pas compte de /dev/loopx, ce sont des pseudo-périphériques techniques (souvent utilisés par la technologie snap).
Ou limitez blkid aux périphériques dont le nom commence par sd via
sudo blkid /dev/sd*
De nouveau on trouve l'information recherchée (de type /dev/sda2), ici au début de chaque ligne.
Autre commande plus agréable à lire et sans nécessiter sudo :
lsblk -fe7
qui donnera sous 24.04 quelque chose comme
NAME FSTYPE FSVER LABEL UUID FSAVAIL FSUSE% MOUNTPOINTS sda ├─sda1 vfat FAT32 1361-3A5E 1G 1% /boot/efi └─sda2 ext4 1.0 86303d7d-006b-4a47-842d-65fd66a531f4 128,4G 38% / sdb └─sdb1 ext4 1.0 Sauvegardes abbd0971-7729-4469-ba03-1558429aa04d 1,1T 31% /media/Sauvegardes sdc vfat FAT32 B096-BC92 nvme0n1 ├─nvme0n1p1 vfat FAT32 17E4-EE81 └─nvme0n1p2 ext4 1.0 gnome 74acee55-d8cd-44a3-adb4-f561027d349e 204,4G 7% /media/chris/gnome
Les 3 dernières lignes renvoient à un disque NVMe. La ligne sdc est une clé USB (le système de fichier est en FAT32).
Ici on a tout ce qu'il faut ( nom, type de système de fichiers, étiquette, UUID, etc.) pour préparer un montage, sans les /dev/loop et autres tmpfs (l'option -e exclut : 7 pour les fs virtuels, 11 pour les supports optiques).
Montage ponctuel d'un espace de stockage
Ce chapitre traite du montage ponctuel d'une partition (ou volume), montage valide seulement pour la session en cours.
Clé USB
Une clé se monte normalement tout seule lors de sa connexion au PC.
Pour démonter la clé avant de la retirer du PC (démonter protège la clé), allez dans votre gestionnaire de fichier ou votre poste de travail. Clic droit sur la clé puis Démonter ou Éjecter. Votre version d'Ubuntu fournit aussi normalement un utilitaire dédié.
Éteindre le PC donne le même résultat.
Partition montée graphiquement
Dans votre gestionnaire de fichiers, les partitions même démontées sont normalement visibles (en général en gris clair, ou sans symbole indiquant le montage).
Dans le gestionnaire de fichiers :
- Cliquer sur une partition pour la monter.
- pour la démonter : clic droit puis Démonter ou Éjecter, ou clic sur le symbole du montage. Votre version d'Ubuntu peut aussi fournir un utilitaire dédié.
Éteindre le PC donne le même résultat.
Pour des raisons de praticité, utilisez quand c'est possible le montage / démontage graphique. Néanmoins un montage en ligne de commande peut-être nécessaire, par exemple pour rendre une partition accessible au début d'un script.
Partition montée en ligne de commande
Monter ponctuellement une partition consiste à lier un volume (partition) à un répertoire existant, lequel devient ainsi le point de montage. Ce montage rend le volume (la partition) accessible à votre système. Il pourra ainsi y lire et y écrire, ce qu'il ne peut pas faire sans ce montage.
Potentiellement, n'importe quel répertoire (vide ou avec des fichiers) peut devenir un point de montage. En pratique on utilise des répertoires vides dans /media ou /mnt. N'utilisez pas un répertoire avec des fichiers car ils deviendront inaccessibles pendant la durée du montage.
La commande classique pour faire un montage ponctuel est mount, mais il existe aussi la commande udisksctl mount -b, qui est un peu plus simple :
udisksctl
Pour monter la 2e partition du 1er disque dur (sda2) :
udisksctl mount -b /dev/sda2
Pour monter la partition nommé Sauvegardes :
udisksctl mount -b /dev/disk/by-label/Sauvegardes
Pour démonter
udisksctl unmount -b /dev/sda2 udisksctl unmount -b /dev/disk/by-label/Sauvegardes
Avantages de udisksctl mount -b sur mount :
- pas besoin de définir un répertoire de montage (le montage de la partition se fait automatiquement dans un répertoire / point de montage créé par udsksctl ⇒ /media/user/identifiant_partition).
- pas besoin de
sudoni de mot de passe.
Attention pour démonter il faut entrer unmount(avec un n), alors que le démontage d'une commande mount, ci-dessous, s'écrit umount (sans n).
On peut également démonter graphiquement par le poste de travail ou le gestionnaire de fichier (les partitions montées avec udisksctl y sont toujours visibles) via un clic droit → Démonter.
Éteindre le PC donne le même résultat.
mount
C'est la commande classique.
Utiliser manuellement le répertoire /media/$USER/ comme point de montage est un conseil dangereux.
Ce répertoire /media/$USER n'existe pas par défaut, il n'est créé par le système que lors de la connexion d'un support amovible hotpluggable (branchable à chaud). Il appartient à root:root avec des permissions ACL autorisant le seul $USER à agir dans ce répertoire.
On trouvera dedans un répertoire nommé label_ou_uuid_du_périphérique_monté qui existera tant que le périphérique est connecté. Ce répertoire est effacé lorsqu'on démonte ou éjecte le périphérique.
Il s'agirait de mieux expliquer les rôle et subtilité des répertoires /media et /media/$USER voir exemples :
Tout ce qui suit citant l'emplacement /media/alice est donc propice à ce genre de confusion (le paragraphe Now the trick…).
Bref pour faire simple : on ne se sert pas manuellement des divers répertoires /media/$USER on les laisse tranquilles à l'attention du système pour les montages de supports nomades~amovibles via udisks / udisksctl et les permissions ACL automatisées aux bons endroits.
Il existe un point de montage dédié à ces montages ponctuels dans le répertoire /media, et il porte votre nom. Ainsi, si vous avez choisis comme nom utilisateur alice, il existe un répertoire /media/alice.
Il est intéressant d'utiliser ce répertoire (ou un répertoire dans votre compte utilisateur normal), car les montages qui ne sont pas faits dans votre compte /home/user ou dans /media/user ne sont pas visibles dans votre gestionnaire de fichiers (mais ils fonctionnent).
/media est visible dans l'explorateur de fichiers (norme freedesktop).
Dans Autres Emplacements pour les anciennes versions de GNOME Fichiers, dans Périphériques pour la plupart des autres gestionnaires de fichiers.
Les montages placés ailleurs que dans $HOME ou /media sont eux aussi visibles dans les gestionnaires de fichiers :
en parcourant tout le chemin jusqu'à leur point de montage, par ex. dans GNOME Fichiers :
Autres emplacements → Ordinateur → /chemin/jusqu_au/point_de_montage.
Mieux vaux donc utiliser /media/utilisateur. C'est d'ailleurs ce que fait la commande udisksctl (voir plus haut).
Pour monter la 2e partition du 1er disque dur (sda2) de l'utilisatrice alice (nécessite le mot de passe) :
sudo mount /dev/sda2 /media/alice
Pour démonter(nécessite le mot de passe) :
sudo umount /dev/sda2
ou
sudo umount /media/alice
En cas de problème de démontage, on peut forcer celui-ci via une option -f (à éviter si possible) :
sudo umount -f /media/alice
On peut également démonter graphiquement par le poste de travail ou le gestionnaire de fichier (quand la partition y est visible) via un clic droit → Démonter.
Éteindre le PC donne le même résultat.
Vous pouvez très bien bien créer votre propre répertoire à utiliser comme point de montage par un mkdir ~/montage (par exemple). C'est d'ailleurs nécessaire si vous envisagez plusieurs montages (vous créez alors /home/alice/montage1, /home/alice/montage2, etc.), mais pour un seul montage ponctuel et temporaire, /media/alice existe déjà et peut suffire.
La partition est montée et est donc désormais accessible en lecture et écriture aux commandes ou aux logiciels. Elle est également visible dans votre gestionnaire de fichiers si vous avez fait le montage dans /media/alice (adaptez /alice à votre utilisateur).
Quelques options de la commande mount
Il existe de nombreuses options pour la commande mount, mais en voici quelques unes pouvant être utile dans une utilisations courante :
Label : Une partition peut recevoir un label (un nom), grâce à des applications comme GParted ou GNOME Disques. Dans ce cas, on peut faire un montage par le label (grâce à l'option -L). Si /dev/sda2 a pour nom Bazar, on fera donc :
sudo mount -L Bazar /media/alice
Par contre pas de démontage par le label, donc démontage classique :
sudo umount /media/alice
Lecture seule : pour éviter les erreurs, vous pouvez souhaitez que la partition ne soit accessible qu'en lecture, mais pas en écriture (donc sans modification / suppression des fichiers). C'est l'option -r (read) :
sudo mount -r -L Bazar /votre-repertoire
ou
sudo mount -r /dev/sda2 /votre-repertoire
NTFS : Depuis ubuntu 22.04, le pilote NTFS est inclut nativement. Il est mal appelé par udisksctl, il faut donc préférer la commande mount :
sudo mount -t ntfs3 /dev/sdXN /media/sdXN
L'option -t permet de préciser le système de fichier à monter (ici le NTFS). Ce n'est pas strictement indispensable (normalement mount reconnaît le système de fichier monté), mais c'est une précaution utile.
Montage permanent d'un espace de stockage
Un montage permanent monte la partition (ou volume, ou espace de stockage) à chaque démarrage de la session utilisateur. L'avantage est de ne paramétrer l'opération qu'une seule fois.
Interface graphique
GNOME Disques est installé par défaut sur Ubuntu.
Ouvrez GNOME Disques, puis :
- choisir le disque avec la partition à monter (à gauche)
- puis choisir la partition à monter en cliquant dessus (à droite de la fenêtre)
Votre montage automatique est normalement actif (vérifiez juste que les options Monter au démarrage et Afficher dans l'interface utilisateur sont bien cochées).
Cliquez sur Valider, et entrez votre mot de passe.
Redémarrez la session puis votre gestionnaire de fichier pour vérifier que la partition choisie soit bien montée.
Pour en savoir plus, voir le chapitre dédié de la page GNOME Disques.
En ligne de commande
Le fichier /etc/fstab est le fichier système où est sauvegardé le montage automatique réalisé via GNOME Disques. On peut directement modifier ce fichier à la main, sans passer par un logiciel.
Les interfaces graphiques sont beaucoup plus intuitives et évitent les erreurs.
Pour ouvrir fstab en mode administrateur (nécessite le mot de passe) :
Avec l'éditeur de texte par défaut depuis la version 22.10 de Ubuntu (GNOME) :
gted admin:///etc/fstab
ou (pour les versions Ubuntu antérieures) :
gedit admin:///etc/fstab
Ne rien enlever ou modifier des lignes existantes. Ajouter à la fin du fichier ces 2 lignes :
#Montage de sda2 (le commentaire saisi ici est libre) <file system> <mount point> <type> <options> <dump> <pass> /dev/sda2 /media/data ext4 defaults 0 2
Ajustez en fonction de vos besoins :
<file system>est la référence de la partition à monter. Vous pouvez remplacer l'identifiant/dev/sda2par l'identifiantUUID=XXX, ce qui est plus sûr car l'ordre des disques et des partitions peut être changé dans le bios, ce qui rend alors lefstabinopérant. L'UUID, lui, ne change jamais. On trouve l'UUID parsudo blkid(présenté plus haut), ou par des programmes graphiques comme GParted ou GNOME Disques.<mount point>est le point de montage. Vous pouvez remplacer/media/datapar le point de montage qui vous convient. Par contre ce point de montage (ce répertoire) doit exister et être vide. Créez-le parsudo mkdir /media/data(ou un autre nom). Traditionnellement, on crée les points de montage dans/media/ou/mnt/, mais c'est libre.<type>définit le type de système de fichier à monter. Dans l'exemple plus haut,ext4est ce format de fichier. Si votre partition est en NTFS, saisissezntfs. On peut utiliserautoet laisser l'ordinateur se débrouiller.<options>définit le type de montage.defaultsest l'option de montage générique. Il en existe beaucoup d'autres, mais celle-ci devrait suffire. Pour un disque NTFS, choisissez plutôtrw,permissions.<dump>est à laisser à0.<pass>sert à définir si l'utilitaire fsck doit faire une vérification de la partition montée (pour repérer des erreurs).2signifie qu'il le fait, mais de façon non prioritaire.0empêche la vérification, et est à utiliser pour des partition swap ou NTFS (Windows).
Sauvegardez le fstab et redémarrez votre session (ou le PC) pour vérifier que la partition se monte désormais automatiquement.
Pour en savoir plus sur le fstab, consultez la page dédiée.
Monter une image disque
Il est possible de créer (par exemple avec GNOME Disques) une image disque copiant et regroupant toutes les partitions d'un disque. Ce sont ce type d'images qui sont utilisées pour cloner des disques. On peut aussi les utiliser pour faire une sauvegarde intégrale d'un disque.
Si on ne souhaite pas la cloner, GNOME Disques peut monter (donc rendre accessible) graphiquement cette image (voir le chapitre dédié sur la documentation du logiciel).
En ligne de commande, la commande mount ne peut pas être utilisée pour monter l'image. Il est plus approprié d'utiliser la commande kpartx avec les options -a et -v :
sudo kpartx -av /chemin/de/mon/image/disque.img
Voir aussi
Pages en rapport
- Commande mount
- Fichier /etc/fstab
- FuseAPI
- GNOME Disques
- GParted
- Les partitions
- Monter un support physique avec systemd
- Discussion au sujet de cette page sur le forum.


