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Commande mount

La commande mount est probablement la plus utilisée pour monter rapidement et temporairement un espace de stockage, partition, voire un partage réseau, etc.

Il existe cependant des solutions plus simples et intuitives, qu'il s'agisse de quelques clics sur une interface graphique, ou de la commande udisksctl.

mount reste un bon moyen de tester le bon fonctionnement d'un montage avant son inclusion manuelle au fichier /etc/fstab.

Utilisation

La commande mount permet de manipuler tous les montages de systèmes de fichier de manière très précise.

La syntaxe est de la forme

mount [support de stockage] [point de montage]

mais elle requiert les permissions administrateur, donc sudo.

Par exemple, pour monter la partition /dev/sdc3 dans le répertoire /mnt/stock :

sudo mount /dev/sdc3 /mnt/stock

Le système de fichiers utilisé est détecté automatiquement.

Désignation des supports de stockage

Pour monter une partition, il faut connaître son nom, son label, ou son UUID.

Voir le chapitre Désignation des partitions sur Ubuntu pour plus d'information à ce sujet.

La commande mount (et le fichier /etc/fstab) permettent aussi de monter des partages réseau, cloud, etc.
Pour plus d'information à ce sujet, voir le chapitre Partage de fichiers, et en particulier le montage avec rclone.

Points de montage

Le point de montage doit être un répertoire, quelconque mais existant au moment du montage (par exemple un sous-répertoire de /mnt, mais ce n'est pas obligatoire) et de préférence vide puisque son contenu ne sera plus accessible tant qu'il sert de point de montage.

Voir le chapitre Choix du point de montage.
Pour les points de montage dont le chemin contient un espace, chaque espace doit être précédé d'un caractère d’échappement \, ou l'ensemble du chemin mis entre guillemets simples ' ou doubles " (ne pas cumuler les techniques !).

Vous pouvez très bien bien créer votre propre répertoire à utiliser comme point de montage par un sudo mkdir /mnt/montage (par exemple). C'est d'ailleurs nécessaire si vous envisagez plusieurs montages (vous créez alors /mnt/montage1, /mnt/montage2, etc.).

Exemple

Pour monter la 2e partition du 1er support SATA (/dev/sda2) :

  1. Créer le répertoire – sudo nécessite d'entrer le mot de passe :
    sudo mkdir /mnt/secondaire
  2. Monter le support avec la commande mount :
    sudo mount /dev/sda2 /mnt/secondaire
  3. Pour démonter :
    • sudo umount /dev/sda2
    • ou
      sudo umount /mnt/secondaire

En cas de problème de démontage, on peut forcer celui-ci via une option -f (à éviter si possible, afin d'éviter la corruption de données) :

sudo umount -f /mnt/secondaire

On peut également démonter graphiquement par le poste de travail ou le gestionnaire de fichier (quand la partition y est visible) via un clic droit → Démonter.

La partition est montée et est donc désormais accessible en lecture et écriture aux commandes ou aux logiciels, si vos permissions sur le support le permettent. Elle est également visible dans votre gestionnaire de fichiers.

Format de la partition

Le type de fichiers est normalement détecté par la commande mount. Néanmoins il peut être nécessaire de lui imposer un format avec le paramètre -t :

sudo mount -t [type] /dev/sdc3 /mnt/stock

[type] est le système de fichiers.
Voici les plus fréquents :

etc.

Exemples :

mount -t ext4 /dev/sdc3 /mnt/stock       # Système de fichiers en ext4
mount -t vfat /dev/sdc3 /mnt/partage     # Système de fichiers et FAT32
mount -t iso9660 /dev/sdd /mnt/cdrom     # CD


On peut aussi monter des fichiers, comme par exemple des ISO (images disque) :

mount -o loop ubuntu-cdrom.iso /mnt/cd-installation

Droits par défaut du volume

Système de fichier Linux

En ce qui concerne les systèmes de fichiers qui prennent en charge la gestion des permissions (comme ext4, Btrfs, UDF, etc.), si vous souhaitez pouvoir écrire dans cette partition en tant que simple utilisateur, vous devez changer les permissions ou l'appartenance du répertoire racine de la partition.

Dans notre exemple précédent, si /dev/sdc3 est formaté en ext4 :
Après avoir monté la partition dans /mnt/stock :

sudo chown utilisateur /mnt/stock

Désormais cette partition appartient à l'utilisateur, peu importe où elle sera montée ensuite.
(Les droits sont attachés au répertoire racine de la partition et non au répertoire du point de montage.)

Système de fichier non Linux

Voir la colonne Gestion des droits d'accès dans le tableau de comparaison de systèmes de fichiers.

Cas concret : vous avez une partition en FAT32 sur votre disque dur et vous voudriez, en tant qu'utilisateur lambda, pouvoir lire et écrire dessus.
Le système de fichier FAT32 ne spécifiant aucun droit, nous devons les lui spécifier lors du montage. Il faut alors indiquer à mount la valeur de umask adéquate grâce à l'option homonyme :

sudo mount -o umask=0 /dev/hda7 /mnt/win_d

Cette méthode a un inconvénient : les autorisations en exécution sont nécessaires pour les répertoires mais pénibles pour les fichiers. On peut alors préciser un umask pour chacun d'eux :

sudo mount -o fmask=111 -o dmask=0 /dev/hda7 /mnt/win_d

Vous pouvez également restreindre les droits en montant le système de fichier en lecture seule (c'est-à-dire avec aucun droit en écriture). L'option -o umask=0222 est alors toute indiquée.

Options

Il existe de nombreuses options pour la commande mount, mais en voici quelques unes pouvant être utile dans une utilisations courante :

Label : Une partition peut recevoir un label (un nom), grâce à des applications comme GParted ou GNOME Disques. Dans ce cas, on peut faire un montage par le label (grâce à l'option -L). Si /dev/sda2 a pour nom Bazar, on fera donc :

sudo mount -L Bazar /mnt/bazar

Par contre pas de démontage par le label, donc démontage classique :

sudo umount /mnt/bazar

Lecture seule : pour éviter les erreurs, vous pouvez souhaitez que la partition ne soit accessible qu'en lecture, mais pas en écriture (donc sans modification / suppression des fichiers). C'est l'option -r (read) :

sudo mount -rL Bazar /mnt/bazar

ou

sudo mount -r /dev/sda2 /mnt/bazar
NTFS : Depuis ubuntu 22.04, le pilote NTFS est inclut nativement. Il est mal appelé par udisksctl, il faut donc préférer la commande mount :
 sudo mount -t ntfs3 /dev/sdXN /media/sdXN 

L'option -t permet de préciser le système de fichier à monter (ici le NTFS). Ce n'est pas strictement indispensable (normalement mount reconnaît le système de fichier monté), mais c'est une précaution utile.

Autres options

D'autres options peuvent être spécifiées au montage.

Les options sont communes à la colonne <option> du fichier /etc/fstab et à d'autres méthodes de montage. Elles sont donc listées dans le chapitre Options de montage.

Ces options peuvent être spécifiées à la suite de mount, en paramètre de -o. Par exemple :

mount -t vfat -o rw,user,umask=022,uid=1000 /dev/sdc3 /mnt/stock

Les options disponibles doivent être séparées par une virgule , sans espace, et permettent une utilisation avancée du système.

L'option default est inutile avec mount : il suffit de ne pas renseigner -o ni d'option du tout (voir note de bas de page sur Options de montage.

Voir aussi

Autres pages sur le sujet